16.02.2007
L'idée de progrès
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27.08.2006
Citation (P. Gast)
L'objectivité est un consensus de subjectivités.
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René Fouéré et Krishnamurti
22:25 Publié dans 03. Notes | Lien permanent | Envoyer cette note
Méditation et éveil
La méditation est le seul moyen pour se libérer de l'enchaînement des pensées, du karma, de la destinée. Ce qui reste est un océan de silence. Vous êtes assis tranquillement, le Je, le moi ont disparu dans la non action et vous ne savez même pas ce qu'il advient de vous. La conscience du Je avec son poids de subconscient et d'inconscient ne bouge plus. La nature du silence, c'est l'arrêt complet des activités mentales. Mais ce n'est que le mental individuel, le nôtre, qui s'est arrêté. Dans le silence, se manifeste l'intelligence cosmique et les cinq éléments en mouvement. Il y a donc un mouvement subtil, même dans le silence. L'esprit conditionné est suspendu, il est dans l'océan de l'espace intérieur et cet espace est plein du mouvement cosmique, qu'on l'appelle intelligence universelle ou intelligence cosmique. L'intelligence de la vie est perceptive. La vie est à la fois êtreté et énergie, mouvement et non mouvement, son et silence, naissance et mort. Tout cela constitue « l'entièreté » organique de la vie.
Qu'arrive-t-il quand l'activité personnelle de l'ego a été abandonnée sur l'autel du silence ? On se heurte alors à la difficulté inhérente à l'éducation moderne du mental. On se dit : « Bien, si je peux comprendre ce qui m'arrive, prévoir ce qui va venir, nommer, définir l'expérience, alors je suis prêt à supporter n'importe quelle souffrance pour la vie spirituelle ». Ce mental moderne, conscient de ses dons, de ses possibilités et de ses conditionnements, veut enfermer toute chose dans le cadre d'une pensée, d'une idée, d'une description, d'une définition, d'une expérience. Il veut le posséder et le négocier. « C'est moi, moi qui ai la libération, moi qui vis une expérience ésotérique ». Il veut acquérir, obtenir, posséder, sentir qu'il a quelque chose. Le Je veut garder son identité et l'enrichir, alors que dans la vie spirituelle, seule l'entièreté a une identité. Nous ne sommes que des parts composites de cette totalité. Nous n'avons pas d'identité séparée.C'est donc l'abandon de toute activité de l'ego, sur l'autel du silence, l'espace intérieur qui est exigé. Tout homme instruit arrive à cela assez facilement, parce qu'il y a des mots qui l'accompagnent, des expériences du passé vécues par d'autres chercheurs avec lesquelles il peut comparer, dont il peut parler, et auxquelles il peut penser. Avec le support du connu, il arrive aux limites des mots, qui ne peuvent plus le conduire au-delà et toute pensée est impossible sans les mots. Arrêté aux frontières de la verbalisation, il regarde l'inconnu, mais il n'a pas l'humilité de plonger au-delà des mots, de la mentalisation, de l'idéation. Il est facile de plonger dans l'océan du silence intérieur, mais pour l'homme moderne, c'est une difficulté terrifiante, car il croit vivre pour lui-même. Nous avons perdu la fraîcheur, l'innocence et la beauté de la foi. L'homme moderne se demande ce qui lui arriverait s'il perdait son activité mentale, il veut savoir à l'avance qui va lui arriver. Mais il ne peut pas y avoir d'essai quand il s'agit de l'inconnu, de l'inconnaissable.
Si l'on abandonne toute activité, ce sentiment d'agir, d'expérimenter, d'observer, alors, d'un seul coup, l'humilité de la foi emporte le chercheur dans l'océan du silence.A partir de là, on est sur un autre plan : l'ego, le Je, n'est plus actif. Alors commence à se manifester la conscience cosmique, universelle, intelligence perceptive qui est au centre de la vie, qui nous entoure et nous habite. Avec l'arrêt de l'activité du mental, de toute activité de la pensée conditionnée, se manifeste l'action du cosmique, de l'universel. C'est pourquoi j'ai dit qu'on change de plan; on n'est plus dans la dimension où l'on est emprisonné dans la conscience individuelle, mais tout comme la goutte d'eau se fond dans l'océan, la conscience individuelle est immergée dans le Tout, le cosmique, l'universel. C'est ce que les Soufis appellent les noces mystiques de l'individuel et de l'universel.
Ce n'est plus le Je qui agit, mais l'autre conscience. Lorsque cette intelligence perceptive contenue dans chaque particule de la matière qui nous entoure et nous constitue devient active chez quelqu'un, le comportement de cette personne se modifie complètement.
L'intelligence cosmique, universelle, voit tout, comprend tout; il n'y a en elle aucune ignorance. Ce n'est pas une faculté du cerveau mais une énergie contenue dans tout ce qui vit et bouge, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. A partir du moment où elle s'anime chez quelqu'un, il est manifeste que celui-ci sait tout, comprend tout et que dans une relation, il répond spontanément à tout ce qui survient, dans une sorte d'état de grâce. On change de plan, la conscience universelle agit à travers l'individu, dans les limites de l'individuel. Même quand le cosmique, l'universel est activé, mis en mouvement et commence à fonctionner, il ne peut le faire qu'à travers le cerveau. Il doit utiliser le savoir, l'expérience individuels. Comme notre mental et notre cerveau utilisent nos mains, nos pieds, notre mémoire, la conscience cosmique se sert de tous les conditionnements, des expériences, du savoir, des possibilités personnelles, et s'exprime à travers eux. Ainsi le cerveau devient un canal. La main devient un instrument dans les mains de l'universel, du cosmique, et une sorte de magnétisme commence à se développer autour de cette personne. Les autres sont attirés et disent que c'est quelqu'un d'extra-ordinaire, qu'il y a une sorte de fraîcheur en lui, dans ses paroles, une harmonie intérieure. En apparence, c'est la même personne, mais elle a changé intérieurement.
La source de notre activité, de nos perceptions et de nos réponses est le mental. S'il est abattu, déprimé, perturbé, préoccupé, les yeux peuvent percevoir la beauté mais ça n'atteint pas le mental ; la relation avec la beauté est donc coupée, interrompue. Nos organes des sens voient, entendent, mais en fait, c'est le mental qui voit par les yeux, entend par les oreilles, touche par les doigts; c'est la source de notre activité. Dans cette nouvelle dimension, cette source change : c'est le mental cosmique, universel, qui devient la source du mouvement et utilise le mental et les sens. C'est le changement révolutionnaire de l'être qui vit dans le silence. On doit expérimenter le mystère de l'espace intérieur de façon scientifique et en parler de la même façon. Si on s'intéresse à la découverte du mystère du silence, on se doit de tenir compte de la Goraksha Samhita et de la Shiva Samhita. Quand on est passé de la terre à âkâsha, l'espace intérieur, c'est le Silence. Quand le silence a complètement transformé quelqu'un, cette personne ne vit plus pour elle-même. L'universel se sert d'elle, de son mental, de son corps pour le bien de tous. Elle est désencombrée et l'universel met cet espace intérieur au service des autres.
Un tel être vit dans le silence, et l'intelligence cosmique universelle l'utilise pour le bien de l'humanité. Le Christ, Bouddha, Ramakrishna, Râmana Maharshi avaient des possibilités, des facultés extraordinaires qui se sont épanouies, mais certains en restent au silence, arrêtés par la gloire de leur propre éclat qui commence à émaner d'eux, à rayonner, arrêtés par l'attraction qu'ils exercent sur les autres, par les honneurs dont ils sont l'objet. A ce niveau, le danger est très grand de se faire emprisonner par le respect et les honneurs. Cet état extraordinaire devient une prison : on commence à croire qu'on a pour mission d'être au service des autres, de les rendre heureux, de les libérer et on ne fait plus rien pour soi-même, on agit au nom de l'humanité et ce sentiment d'avoir une mission, d'être sans ego, la conscience qu'on en a, devient une limitation, isole. Cela arrive à certains, pas nécessairement à tous.
Le mouvement du mental conditionné est suspendu, le mouvement de l'intelligence universelle, non conditionnée par le mental humain entre en action et on accède à des facultés extraordinaires. On passe par un changement révolutionnaire, cela nous l'avons perçu dans cette dimension de silence, mais la méditation est encore au-delà. Elle est au-delà même du mouvement de l'intelligence cosmique universelle et de la gloire d'être quelqu'un d'extraordinaire, dans la mesure où on laisse à ce mouvement la possibilité de s'apaiser. Pouvez-vous imaginer le plaisir que procure ce mouvement ? Habituellement, nous nous laissons emporter par le plaisir des sens, de la pensée, des mots, de la musique et des émotions qu'ils suscitent, nous nous laissons emporter si facilement par les plaisirs sensoriels, verbaux, psychologiques, mais là, je parle des plaisirs qui naissent de l'activation du mouvement de l'intelligence cosmique universelle. Vous ne pouvez pas savoir, c'est une sorte de drogue. Si l'humilité et la foi demeurent vivantes, si le plaisir d'être extraordinaire, d'être considéré, honoré, aimé, adoré, si la gloire d'être appelé le sauveur ne vous trouble pas, ne vous affecte pas, si vous êtes dans une telle humilité que même le plaisir de l'extase ne vous grise pas, si tous ces plaisirs ne vous déforment pas, ne vous dénaturent pas, ne vous enflent pas, alors le mouvement de l'intelligence cosmique, les pouvoirs ésotériques qui se développent à ce stade, se dissipent d'eux-mêmes. Comme l'activité physique s'est calmée, comme la conscience d'être un père ou une mère a disparu, de la même façon, le mouvement de l'intelligence cosmique universelle se calme. Ce qui reste, c'est l'êtreté.
L'êtreté de l'individu, dans sa pureté et sa simplicité, je dirais même l'êtreté de la vie est ce qui subsiste quand le mouvement du cosmique s'apaise. Quel événement formidable, marquant et significatif dans la vie de ceux pour qui ne subsiste que l'êtreté nue, sans aucun mouvement. C'est la dimension du samâdhi, la dimension à laquelle chacun peut parvenir, c'est notre droit de naissance en tant qu'être humain, d'atteindre cette êtreté.
Aller du mouvement personnel, mouvement des impulsions physiques, des pensées, des expériences psychologiques jusqu'à l'état d'observation, de là, jusqu'au silence et au-delà du silence, jusqu'à l'état de samâdhi, état du vrai sannyâs, de la réelle méditation. Pas le moindre mouvement. La méditation est une dimension nouvelle dans laquelle on peut grandir et vivre et à partir de laquelle, quand c'est nécessaire, entrer en relation avec les autres. Ce n'est pas une fin, une destination, c'est une renaissance. Un nouvel être humain est né, enrichi par le passé, conscient du présent. S'appuyant sur le particulier mais uni au tout, l'être spirituel évolue dans la société, sans peur, spontanément. Je sais qu'il est très difficile de croire à cela quand on en entend parler, mais je l'ai vu se produire. Ce n'est pas réservé à quelques élus, c'est le droit de naissance de chacun de s'élever dans cette pure divinité que j'appelle Dieu, si vous voulez, ou « Bhagavad Sattva », l'êtreté de la divinité, là où le mouvement de l'énergie, qui est la vraie maya, se dissout et où peut s'incarner la véritable immobilité. »
Extrait de: La méditation, un état d'être, par Vimala Thakar, traduit par Françoise Mazet et Monique Tournier, Terre Blanche, 1994 (épuisé).
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Je crois en l'improbable...
Il est actuellement impossible de faire des prédictions […]. Nous sommes dans une époque où il y a un grand nombre de scénarios possibles, et des scénarios extrêmes. […] Nous sommes dans une époque « agonique ». Et nous le savons. Beaucoup de choses meurent. Un monde meurt. Ce monde né, en 1492, le monde moderne, meurt. Ce qui meurt notamment est l'idée d'un progrès, certain, défini. Parce que ceux qui croyaient que le progrès était donné par les lois de l'histoire ou par une sorte de mouvement ascensionnel, irréversible, pouvaient dire : « Oui, il y aura peut-être des accrocs, mais on va toujours vers le mieux. » Aujourd'hui, nous savons que tout est ambivalent. Nous savons que la science peut produire des bienfaits extraordinaires et en même temps des forces de destruction, et de manipulation, qui n'ont jamais existé auparavant. Nous savons que la rationalité, qui est notre instrument d'intelligibilité le plus fiable, peut se bloquer et devenir de la rationalisation, c'est-à-dire un système logique, cohérent, mais qui ignore les choses concrètes.[…] Quelque chose meurt, disais je, mais ce qui meurt n'est pas mort, ce qui naît n'est pas né. Le mot « agonie » dans son sens originaire veut dire cette lutte intérieure dont on ne sait pas si c'est la naissance ou la mort qui va venir. Nous sommes dans une époque agonique. Un proverbe turc dit : « Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra. » Voilà pour le millénaire qui vient ! Et le mot « agonie » a un répondant : crise. […] Nous vivons des crises de civilisation, nous vivons des crises économiques — bien entendu — nous vivons des crises nationales, religieuses... L'humanité est désemparée. Elle a perdu son futur programmé. […] Est-ce que les forces de destruction, de dislocation, vont gagner, ou les forces d'association ? Dans mon livre, je cite la phrase de Tarkovski, le père du grand cinéaste, qui est un grand poète : « Le destin nous suit comme un dément armé d'un rasoir ». Certes, tout n'est pas perdu. Le pire n'est pas sûr. Je crois en l'improbable. Ce n'est pas une foi naïve. Je crois à l'improbable […]. Le mot « probable » n'a de sens que pour les informations dont dispose quelqu'un, à un moment donné, dans un site donné. En 1940-41, sous l'Occupation allemande, alors que les armées nazies dominaient de l'Atlantique au Caucase, il était hautement improbable » que cette puissance soit détruite ! Elle l'a été ! Au moment du stalinisme triomphant, au moment où les Soviétiques sont entrés comme dans du beurre en Afghanistan, alors qu'ils avaient une mainmise dans la moitié du monde arabe et du tiers-monde, qui aurait pensé qu'ils allaient s'effondrer ? […] Je crois à l'improbable, parce que, si on en croit les probabilités, nous allons vers le chaos démographique, le chaos économique, le chaos écologique, le chaos nucléaire... Mais l'improbable peut arriver. Pourquoi peut-il arriver ? J'ai un deuxième principe d'espérance, le principe d'Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. » Le danger croissant amène à une prise de conscience qui provoque un sursaut. […] Donc je crois que, d'une façon tragique, plus nous nous approcherons du danger, plus nous aurons des chances d'en sortir, mais plus aussi augmenteront les risques d'y plonger. C'est un deuxième principe d'espérance. Et le troisième principe d'espérance, c'est ce que Hegel appelait « la vieille taupe ». Dans les profondeurs de l'humanité, dans l'inconscient, les forces de régénérescence travaillent, les forces qui veulent sauver. Ces forces, on ne les voit pas, mais un jour elles germent. Nous ne sommes donc peut-être pas condamnés. Mais je ne peux rien prévoir. En attendant, il y a ce Moyen Age planétaire dans lequel nous entrons...
Edgar MORIN, Nul ne connaît le jour qui naîtra, Interview par Edmond Blattchen (Alice éditions, 2000)
22:10 Publié dans 03. Notes | Lien permanent | Envoyer cette note
Le coeur de l'enseignement
Cette déclaration a été rédigée à l'origine par Mary Luytens, la biographe anglaise de J. Krishnamurti. Ce dernier l’a finalement entièrement réécrite le 21 octobre 1980, ne conservant que les premiers mots: « Le cœur de l’enseignement de Krishnamurti est… »). Elle figure désormais dans le second volume – Les années d'accomplissement - du « mythe de sa vie », rapporté par l’ancienne théosophe (Editions Arista, 1984, pour la traduction française, épuisée).
« L'essence de l'enseignement de Krishnamurti est contenu dans sa déclaration de 1929 où il dit « la Vérité est un pays sans chemin ». Aucune organisation, aucune foi, nul dogme, prêtre ou rituel, nulle connaissance philosophique ou technique de psychologie ne peuvent y conduire l'homme. Il lui faut la trouver dans le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l'observation et non par l'analyse intellectuelle ou la dissection introspective. L'homme s'est construit des images religieuses, politiques ou personnelles, lui procurant un sentiment de sécurité. Celles-ci se manifestent en symboles, idées et croyances. Le fardeau qu'elles constituent domine la pensée de l'homme, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont là les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l'homme de l'homme. Sa perception de la vie est façonnée par les concepts préétablis dans son esprit. Le contenu de sa conscience est cette conscience. Ce contenu est commun à toute l'humanité. L'individualité est le nom, la forme et la culture superficielle que l'homme acquiert au contact de son environnement. La nature unique de l'individu ne réside pas dans cet aspect superficiel, mais dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience.
La liberté n'est pas une réaction; la liberté n'est pas le choix. C'est la vanité de l'homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n'a pas de motif; la liberté ne se trouve pas au terme de l'évolution de l'homme mais réside dans le premier pas de son existence. C'est dans l'observation que l'on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne.
La pensée est temps. La pensée est née de l'expérience, du savoir, inséparables du temps. Le temps est l'ennemi psychologique de l'homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l'homme se trouve toujours esclave du passé.
Quand l'homme percevra le mouvement de sa propre conscience il verra la division entre le penseur et la pensée, l'observateur et l'observé, l'expérimentateur et l'expérience. Il découvrira que cette division est une illusion. Alors seulement apparaît la pure observation qui est vision directe, sans aucune ombre provenant du passé. Cette vision pénétrante, hors du temps, produit dans l'esprit un changement profond et radical.
La négation totale est l'essence de l'affirmation. Quand il y a négation de tout ce qui n'est pas amour - le désir, le plaisir - alors l'amour est, avec sa compassion et son intelligence. »
22:00 Publié dans 03. Notes | Lien permanent | Envoyer cette note
Dernières paroles
Les dernières paroles prononcées par J. Krishnamurti, quelques jours avant sa mort, en février 1986, sont les suivantes:
« Je leur disais ce matin que depuis soixante-dix ans cette super-énergie – non, cette immense énergie, cette immense intelligence – a utilisé ce corps. Je ne pense pas que les gens réalisent l’immensité de l’énergie et de l’intelligence qui a traversé ce corps – il y a un moteur de douze cylindres. Et cela pendant soixante-dix ans – un temps assez long – et aujourd’hui le corps n’arrive plus à le supporter. Personne, à moins que le corps n’ait été préparé, avec beaucoup d’attention, protégé, etc... – personne ne peut comprendre ce qui s’est passé dans ce corps. Personne. Que personne ne le prétende. Personne. Je répète ceci: personne, parmi nous ou parmi le public, sait ce qui s'est passé. Je sais que personne ne sait. Et à présent, après soixante-dix ans, cela est arrivé à son terme. Non pas cette intelligence et cette énergie – d’une certaine façon, elle est là, chaque jour, et en particulier la nuit. Et après soixante-dix années, le corps n’arrive plus à supporter, il n’y arrive plus. Il ne peut plus. Les Indiens ont une sacrée quantité de superstitions dans ce domaine – que vous continuez et que le corps s’en va – avec tous ces non-sens. Vous ne retrouverez pas un corps, comme celui-ci, ou cette suprême intelligence fonctionnant dans un corps, pendant de nombreux siècles. Vous ne reverrez pas cela. Lorsque viendra la mort, cela s’en ira. Il ne demeurera aucune conscience de cette conscience, de cet état. Ils prétendront tous ou essaieront d’imaginer qu’ils peuvent entrer en contact avec cela. Peut-être le pourront-ils d’une certaine manière s’ils vivent les enseignements. Mais personne ne l’a fait. Personne. Ainsi est-il. »
21:55 Publié dans 03. Notes | Lien permanent | Envoyer cette note
Spiritualité et nouveau comportement
La présence de plus en plus importante et significative de personnes issues de la mouvance Nouvel Age aux rassemblements altermondialistes indique des convergences entre les nouveaux mouvements sociaux et la religiosité alternative holistique. La quête spirituelle solitaire devient ainsi, pour certains, une quête spirituelle solidaire. La transformation intérieure est de moins en moins dissociée de la transformation sociale. Il apparaît même que ces deux transformations s'incluent mutuellement: il y a une profondeur sociale dans la quête spirituelle et il y a une profondeur spirituelle dans la quête de justice sociale.
F. LENOIR, Les métamorphoses de Dieu (Hachette/Littératures, 2003, p. 305)
21:45 Publié dans 03. Notes | Lien permanent | Envoyer cette note
Créatifs Culturels
Le nom de Créatifs Culturels a été forgé par le sociologue Paul H. Ray et la psychologue Sherry Ruth Anderson pour identifier l’émergence d’un courant culturel radicalement nouveau au coeur de la société américaine. Il s’agit d’une nouvelle catégorie sociale, autrefois appelée «Enfants du Verseau», qui représenterait aujourd’hui 25% de la population nord-américaine. Sa caractéristique principale est d’associer étroitement activisme social et développement personnel.
21:35 Publié dans 03. Notes | Lien permanent | Envoyer cette note
Citation (Régis DEBRAY)
« Pas de société sans sacré »
21:34 Publié dans 03. Notes | Lien permanent | Envoyer cette note


